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Publié par Association les Vaîtes

Nous avons reçu le dernier bulletin des Montboucons et constatons que la caténaire du tramway semble faire des étincelles jusque là-haut ! C'est pourquoi nous avons demandé à l'auteur de l'article l'autorisation de le reproduire.

                              A PROPOS DU TRAMWAY
                                                  (Gérard DEMASSUE).

Ce texte est paru dans le journal des Montboucons d'octobre-novembre 2009, distribué dans les boîtes à lettres du quartier le 31 octobre. Son auteur est l'un des animateurs du Comité de quartier.

Une séquence d'articles de l'Est Républicain datés 7-8-9 et 12 octobre se fait l'écho de l'avis négatif émis par le Préfet concernant le fil électrique aérien d'alimentation du tramway au centre ville, et de toutes les réactions qui accompagnent cet évènement.
L'audacieux journaliste rédacteur de l'un de ces articles, reprend à son compte l'idée d'un homme politique demandant un référendum sur le tramway. Et maintenant qu'une telle idée est dans l'air, il court derrière, la rattrape, la précède, s'en fait le champion.
"Dans ce dossier du tramway, tout s'est passé comme si la réalisation allait forcément de soi et ne pouvait entraîner qu'adhésion et fol enthousiasme.
Il est même surprenant que la demande d'organisation d'un référendum arrive aussi tard. Et que pas un élu, une association, un collectif de riverains ne l'ait encore réclamée.
Reste que s'il y a bien un dossier sur lequel les habitants de Besançon et de toute l'agglomération doivent pouvoir exprimer leur avis, c'est celui du tramway dont le lourd chantier et le coût auront des impacts durables sur leur vie et leurs activités"...

Permettez-moi, Monsieur le journaliste, de dire qu'il est un peu facile de vous donner le beau rôle et de déplorer que d'autres n'aient pas fait à votre place ce qui est l'essence du travail journalistique.
Vous inventez rétroactivement ce fol enthousiasme, tout simplement parce que vous vous êtes contenté de faire résonner les propos des seuls acteurs dont le métier est de se faire entendre. Vous ne vous êtes pas donné la peine en temps utile d'aller à la rencontre de ceux qui ne partagent pas cet enthousiasme. Pourtant, ils ne sont pas bien difficiles à trouver. Il y a en effet beaucoup de grands-bisontins, citadins ou périurbains, qui auront à financer ce projet sans éprouver le sentiment d'être vraiment concernés par son usage.

En second lieu, je suis surpris de voir un journaliste local se déclarer surpris par une déclaration ou une non déclaration qui fait partie du jeu normal de la vie politique locale. A quoi sert la liberté de la presse qui fut si difficile à conquérir, si ce n'est pour qu'un journal se pose en contre pouvoir d'information par rapport au titulaire du pouvoir institutionnel dans son rayon d'action, en l'occurence, le Maire de la ville et Président de l'agglo. La communication municipale est dans son rôle lorsqu'elle essaye de nous convaincre que ses choix en faveur de la meilleure ville pour tous et pour son rayonnement d'avenir, sont des choix objectifs, plutôt que des compromis et arbitrages par nature contestables. Mais le regard critique sur ses choix, le détricotage, l'investigation sans concession sont l'affaire de la presse qui contrairement aux hommes politiques de tous bords, n'a pas de susceptibilité électorale à ménager.
Le monopole régional des avis de décès et de la relation des menus faits divers de nos villes et villages, vous permet peut-être de vivre sans activer trop fortement votre mission d'investigation dans le débat public, mais c'est évidemment regrettable pour la qualité de la vie civique, car le citoyen peut en général plus facilement se forger une opinion argumentée sur les questions locales, que sur la complexité des questions d'enjeu national, voire au-delà , où l'on ne nous dit pas tout... pour parodier une célèbre humoriste.
Alors je ne comprends pas que, dans la mesure où vous vous déclarez surpris qu'une demande de référendum arrive si tard, ce qui veut dire que vous aviez clairement conscience de longue date que ce sujet de tramway devait être un gros morceau de débat public, vous n'avez pas pris l'initiative, vous, c'est à dire la rédaction de l'unique quotidien local, d'instruire et d'animer le débat public en temps utile, c'est-à-dire avant les élections municipales. On ne peut guère contester en effet, que les conditions de la réélection de Jean-Louis FOUSSERET qui avait fait de cette question l'idée force de son programme, valent référendum.

Je pourrais vous dire enfin que vos propos sont contradictoires, Monsieur le journaliste, puisqu'en quelques lignes vous passez de l'affirmation du droit au délaissement du journaliste vis-à-vis du débat public : les apparences étaient que "la réalisation allait forcément de soi"... Sous entendu : donc les journalistes n'avaient pas à se fatiguer pour secouer la queue du chat... à la promotion du débat... heureusement !... et dans la foulée vous vous attribuez sans vergogne un droit d'expertise pour décider souverainement que les caractères du sujet justifient un référendum.

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Je pense que ce sujet du tramway ou plus largement du TCSP, est un sujet impossible parce que l'on est amené à plaquer ce réseau sur une extension urbaine qui s'est faite à partir des années 30 et surtout dans les décennies d'après guerre, sans le souci d'une densification forte et préférentielle de l'urbanisation, autour de futures lignes de transport en commun type TCSP. Que la future ligne unique de tramways soit appréciée par les riverains qu'elle desservira, c'est probable. Qu'elle puisse à elle seule permettre un redéploiement attractif de l'offre de transports en commun de l'agglomération, c'est moins évident.

Pourtant, personne ne peut contester aujourd'hui qu'il est souhaitable pour l'avenir que les transports en commun évoluent vers une propulsion électrique.

L'idée de TCSP était déjà à l'ordre du jour au moment de l'étude et l'enquête publique d'urbanisme (PLU). Le Comité de quartier [des Montboucons] n'a pas manqué de s'étonner de son apparente volonté de saupoudrage uniforme du droit à densifier, et de rappeler, comme le prévoient les dispositions réglementaires, que les projets d'urbanisation devraient être subordonnés à l'existence d'un plan de déplacement urbain (PDU) dont le projet de tramway semble aujourd'hui constituer l'ossature.

Il y a vingt cinq ans, qu'a pris fin une situation où les communes pouvaient s'endetter très facilement. La dette était évanouie en quelques années par le triple effet de la croissance urbaine, de l'augmentation des taux d'imposition et de l'inflation. On tondait consciencieusement l'épargnant de la Caisse d'Epargne. La situation est beaucoup plus difficile aujourd'hui et l'on ne peut que saluer la volonté du Maire, de déclarer vouloir maîtriser une dépense qui est tout de même de l'ordre du million d'anciens francs par grand-bisontin (francs courants d'avant 1960, qui restent pour beaucoup l'unité de compte et pour les estimations mentales rapides des sommes importantes). Pour info, la dette nationale est 15 fois de cet ordre...
Mais cette évolution a été comparativement plus dramatique pour la Ville de Besançon qui avait déjà un gros budget de fonctionnement, et donc de plus faibles marges d'autofinancement.

On ne saurait reprocher à notre quotidien régional de n'avoir par fait toute la lumière sur une affaire d'une telle complexité. En revanche, on peut déplorer qu'il n'ait pas été empressé à exposer de façon détaillée ce qui fausse le libre jeu démocratique. (parce qu'il s'agit là d'un domaine consubstantiel à la liberté de la presse), à savoir : 
1. l'allègement de taxe d'habitation destiné à soulager les revenus modestes, n'est pas un abattement mais un plafonnement. Pour un foyer avec deux enfants par exemple, il opère aujourd'hui pour les revenus familiaux annuels inférieurs à 46 000 €. Ce qui veut dire que la grande majorité des foyers bisontins sont placés en situation d'être totalement immunisés contre la valeur de la taxe d'habitation, et donc électoralement indifférents aux dépenses votées par le conseil municipal.

Précision ajoutée le 8 novembre : le principe de plafonnement de la taxe d'habitation a fait l'objet d'une nouvelle modification en 2009 et est qualifié d'usine à gaz dans un article du Monde (supplément Argent) daté du 7 novembre, qui s'est malheureusement perdu dans la tuyauterie et oublie d'expliquer le mécanisme marginal de répercussion de l'augmentation des taux, en fonction de quoi doivent se forger les appréciations citoyennes. Votre serviteur se propose d'écrire prochainement un article d'éclaircissement sur la question.

2. La désignation des conseillers grands-bisontins se fait commune par commune, ce qui fait que l'espace périurbain s'exprime de façon éclatée, alors que l'espace citadin s'exprime en fonction de sa voix majoritaire. Dans ces conditions, il est clair que c'est la vision citadine de l'agglomération qui s'impose, malgré une surreprésentation selon le critère démographique, des petites communes.

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J'ai essayé de présenter ci-dessus quelques éléments d'analyse, volontairement restreints à des constats objectifs strictement neutres et impersonnels. Je n'ai pas voulu en particulier aborder cette question sous l'angle de notre regard et de nos attentes de périurbains. Pourtant ce ne serait pas superflu puisqu'il existe aujourd'hui un courant de pensée qui affiche ouvertement qu'il souhaite notre disparition [ndlr : la disparition des périurbains].
Je voudrais maintenant exprimer un point de vue strictement personnel sur cette affaire d'alimentation au centre ville. Mais je m'empresse de dire qu'il s'agit cette fois d'une opinion, et donc que personne n'est obligé de la partager.

Lorsqu'on considère la valeur du fabuleux cadeau que nous a fait dieu ou la nature avec l'électricité, qui permet simplement avec deux fils métalliques (un seul dans le ferroviaire où la conductivité des rails et de la terre remplacent le deuxième fil), de transporter de l'énergie et de l'information à une vitesse proche de cette de la lumière, c'est à dire en pratique une vitesse infinie pour les usages de la vie courante, et lorsqu'on considère le confort que nous apporte cette vitesse infinie, (imaginons par exemple ce qu'il en serait si l'électricité crapahutait seulement à la vitesse d'un avion supersonique), alors on ne peut manquer de dire que le fait de se déclarer visuellement contrarié par une caténaire de tramway est un caprice d'enfant gâté.

Je pensais que le premier intérêt du tramway était de permettre à la population du centre ville historique, d'être enfin débarrassée de la circulation des autobus thermiques.
Je partage le point de vue exprimé par le chef de projet (Est du 8 octobre) qu'une ligne de tramway peut avoir une valeur patrimoniale. Mais si l'on considère qu'une caténaire de tramway est un désagrément visuel au centre ville historique, eh bien qu'il n'y passe pas, voilà tout !

Dans l'attente d'une hypothétique renaissance du tramway au centre ville historique, je suis de ceux qui pensent que depuis l'ouverture du tunnel sous la citadelle, on aurait pu expérimenter un fonctionnement contournant le centre ville historique en utilisant la rue Charles Nodier et l'avenue Gaulard, en sorte qu'aucun point du centre historique n'aurait été à plus de 5 minutes à pied d'une station. Mais il semble que le sujet soit un véritable tabou dogmatique : même avec la pollution diesel, les autobus doivent traverser le centre historique.

Il est dans la nature des choses que nos impôts servent à financer des équipements qui ne nous profiterons pas nécessairement, mais en tant que périurbains sur le territoire de la commune centre, nous savons que la balance penche chez nous presque toujours du même côté. Alors contribuer à la qualité de l'air et à la qualité phonique de la vie de nos concitoyens du centre historique, c'est une chose, contribuer au coûteux financement d'un caprice esthétique, je ne suis pas d'accord !  S'il faut envelopper notre centre ville historique dans la naphtaline, qu'on l'enveloppe dans la naphtaline, mais qu'on n'y fasse pas passer de tramway !

Au demeurant, l'une des hypothèses envisagées (les batteries) relève, nonobstant le problème de leur durée de vie, d'un absurde digne du surréalisme : en effet, comme la ligne de tram ne peut passer partout, le choix du tram n'est réellement décisif que pour la traversée du centre historique.
Si l'on doit traverser le centre sur des batteries, alors l'utilisation de véhicules diesel hybrides qui peuvent aller partout éviterait la coûteuse construction de cette ligne de tramway, certes assez convaincante dans sa partie Ouest (ligne express Chamars, parking Micropolis Planoise), beaucoup moins dans sa partie Est, où le soupçon d'équilibre géographique ne peut être évacué.

 

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